Pourquoi je file la laine au rouet en 2026 ?
( Et pourquoi ce geste a encore du sens aujourd'hui?)
La naissance d'un pochon inspiré d'un univers magique.
Il y a des objets qu'on imagine.
Et d'autres... qui prennent le temps d'exister.
Naissance d’un pochon entre deux mondes
Ce pochon n’est pas seulement inspiré de Stranger Things
Il a été filé en écoutant ses musiques, crocheté devant sa dernière saison, et pensé comme un passage entre deux réalités.
Je vous dévoile ici comment il est né.
Le filage de la laine:
un voyage méditatif au fil du temps
Ah, le filage ! Cet art ancestral qui transforme une toison toute cracra en un fil tout doux. 🐑✨
Dans cet article, j’aimerais vous emmener dans les coulisses de cette pratique magique, que je pratique moi-même, de la toison brute jusqu’à la pelote prête à être crochetée. Pas besoin de vouloir filer pour apprécier, promis, il n’y aura pas d’examen à la fin.
1. L’écharpillage : le grand tri… et l’odeur du bonheur (ou pas)
Tout commence par la toison du mouton. Une belle nappe de laine fraîchement tondue. Et quand je dis fraîche, je veux dire… encore pleine de petits cadeaux : paille, poussière, crottes parfois. C’est la nature quoi...
L’écharpillage, c’est l’étape où l’on ouvre les fibres à la main pour les aérer, les débarrasser des impuretés grossières, et surtout : faire le tri entre ce qu'on garde et ce qu'on jette. Un peu comme trier une boîte à souvenirs au grenier : on garde ce qui est doux et propre, on dit au revoir au reste. 🐏🧺
C’est un exercice très méditatif, lent, tactile… et que je fais en extérieur.
Parce que sinon… vive l’odeur du mouton dans la maison ! 🐑💨
2. Le cardage : lissage et alignement
Une fois la laine nettoyée, vient le cardage, c’est-à-dire l’étape où on brosse les fibres pour les aligner dans le même sens.
J’utilise une cardeuse à rouleaux, une machine redoutablement efficace. Mais les plus courageux (et les plus historiques) utilisent des cardes à main, sortes de grosses brosses plates qu’on frotte l’une contre l’autre.
📜 Un peu d'histoire... Les cardes à main existaient déjà au Moyen Âge, et ont traversé les siècles avant que les machines n’allègent un peu le travail. C’était long, mais ça faisait les bras.
À la fin du cardage, on obtient ce qu’on appelle une nappe de fibres, douce, aérienne, prête à filer.
3. Le filage : l’art de la torsion
C’est là que la magie opère : ontire doucement les fibres tout en les tordant. La torsion les fait s’accrocher entre elles, ce qui crée un fil.
Il existe deux grandes façons de filer :
• Au fuseau l’outil ancestral, utilisé depuis des millénaires.
🏺 Le savez- vous? Le fuseau a été utilisé jusqu’au XIIe siècle en Europe, avant l’arrivée du rouet, qui a révolutionné le filage en permettant d’utiliser les deux mains.
• Au rouet, qui existe en différentes versions, mais qui a toujours ce même principe : un pédalier qui fait tourner une roue, qui fait tourner une bobine, qui fait tourner… la tête si on ne suit pas.
Le principe est simple (en théorie) :
• On fait tourner dans un sens pour Twitter les fibres et obtenir deux fils simples.
• Puis, on retord ces deux fils ensemble dans l'autre sens . C’est ce qu’on appelle le retors.
Résultat : un fil plus solide, équilibré, prêt à affronter aiguilles, crochets et créations en tout genre.
En conclusion…
Le filage, c’est un art lent, doux, ancré dans la matière. Même si vous ne comptez jamais filer vous-même, j’espère que ce petit voyage laineux vous aura donné un nouvel œil sur ce fil si humble et pourtant si riche d’histoire. 🧶💫